Pourquoi un chat a besoin de crier à l’amour toute la nuit : la tempête hormonale que nous appelons chaleur

Ce cri déchirant au milieu de la nuit n’est pas un caprice ou une représentation théâtrale, mais la voix d’un instinct ancestral contre lequel le chat domestique n’a pratiquement aucune défense.

Pendant l’œstrus, qui peut durer jusqu’à 21 jours, le corps de l’animal est à la merci de puissantes hormones, surtout œstrogène, qui dicte littéralement son comportement, rapporte un correspondant de .

Crier, se rouler par terre, adopter des postures caractéristiques : il ne s’agit pas d’une tentative d’importuner son maître, mais d’un signal d’appel désespéré, que la chatte ne peut faire taire par la force de sa volonté. La physiologie de la chatte est particulière : l’ovulation est induite, c’est-à-dire que l’ovule n’est libéré qu’en réponse à un rapport sexuel.

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La nature, soucieuse de la pérennité de l’espèce, a rendu la femelle aussi active et « bruyante » que possible à la recherche d’un partenaire pour garantir l’accouplement. Dans un appartement urbain, ce puissant mécanisme se transforme en un cycle sans fin de tourments pour l’animal et une mise à l’épreuve des nerfs des propriétaires.

Les chaleurs fréquentes, en particulier chez les animaux vivant constamment sous une lumière artificielle, ne sont pas une norme, mais une contrainte sérieuse pour l’organisme, menaçant d’épuisement, de dysfonctionnements hormonaux et de développement de maladies de l’appareil reproducteur. Le mythe selon lequel une chatte « doit mettre bas au moins une fois pour être en bonne santé » n’a aucun fondement scientifique et ne fait qu’exacerber le problème en ajoutant au stress de la chaleur celui de la gestation, de la mise bas et de l’allaitement.

Les méthodes traditionnelles d’apaisement, comme l’eau froide ou l’isolement dans une pièce sombre, sont non seulement inutiles, mais aussi cruelles, car elles augmentent la panique et le sentiment de désespoir chez un animal déjà en état de forte tension nerveuse. Les punitions pendant cette période sont absolument inadmissibles – le chat ne peut physiologiquement pas contrôler son comportement.

Une solution temporaire peut être offerte par les contraceptifs hormonaux qui interrompent ou décalent les chaleurs, mais leur utilisation est à double tranchant. L’utilisation prolongée et incontrôlée de ces médicaments entraîne de graves effets secondaires et le problème réapparaît dès la fin de la cure.

Il ne s’agit pas d’un traitement, mais d’un report, qui peut en outre avoir un impact négatif sur la santé. La seule solution radicale, sûre et humaine recommandée par les vétérinaires pour les animaux ne participant pas à un élevage planifié est la stérilisation (ovariohystérectomie).

Cette opération supprime une fois pour toutes la source des tempêtes hormonales, annulant non seulement les symptômes des chaleurs mais aussi les risques de maladies associées. Le choix de la stérilisation n’est pas de priver la chatte de la « joie de la maternité », mais de la libérer du dictat de l’instinct, qui a perdu son sens biologique dans les conditions urbaines modernes.

C’est une chance pour l’animal de vivre une vie calme, saine et prévisible, où tous les cris ne seront dus qu’à l’excitation du jeu, et non à une pression interne insupportable.

Comprendre les véritables causes des « concerts » nocturnes permet de passer de l’agacement à la sympathie. Une chatte en chaleur n’est pas une hystérique nuisible, mais un otage de sa propre biologie, et notre tâche, en tant que propriétaires responsables, est de l’aider à sortir de cette captivité de la manière la plus sûre possible.

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